Voici l'histoire réécrite par nos experts

Voici l'histoire réécrite par nos experts ...

19 Juin 1940 sur les bords de la Loire.

Le début de la matinée est encore un peu frais pour la saison, mais la journée s'annonce belle. Elle promet d'illustrer parfaitement la douceur angevine tant vantée par quelques-uns de nos illustres écrivains. La nature est maintenant parée de milles couleurs et celles-ci épousent merveilleusement bien les murs de tuffeau blanc de la ferme Beaulieu.
Bercé par ce paysage bucolique on pourrait facilement se laisser aller à quelques rêveries si l'on était pas troublé par l'agitation inhabituelle qui sévit dans la cour de la ferme.

En effet, une voix de centaure, celle du colonel Michon, retentit entre ces murs séculiers pour mettre de l'ordre au sein des cadets de Saumur qui occupent provisoirement les lieux. Ces aspirants officiers se sont tous portés volontaires à l'appel de leur colonel pour ce dernier baroud d'honneur qui viendra clore la campagne de France.
Les regards sont déterminés, les mains fermement serrés sur les crosses des fusils. Ils ont tous en tête le message radiodiffusé du maréchal Pétain qui a demandé, l'avant veille, de cessez le combat. Mais pour ces fougueux jeunes hommes formés pour servir dans l'arme Cavalerie, cela ne peut finir ainsi.
La reddition, la défaite ne sont pas concevables. Il faut montrer l'exemple, montrer que rien n'est joué. Il faut faire rempart contre l'ennemi et contre tout ces traîtres qui n'auront eu de cesse de miner la Nation de l'intérieur. Comment cela aurait-il pu en être autrement sinon ? Cette belle armée, la plus puissante au monde, comment avait-elle pu rompre si soudainement si la sédition ne l'avait pas rongé de l'intérieur ?
Cette promotion de Saumur, et son colonel, veulent effacer l'affront. Ils veulent lever fièrement l'étendard de l'honneur et crier d'une seule voix : Vous ne passerez pas !

Face à ce bouillonnement de ferveur national, l'allemand (encore un peu prussien à cette époque) avance prudemment de taillis en haies, de haies en prairies. Les deux compagnies de grenadiers sont constituées de soldats aguerris et secondées de trois Pak 36 et d'une section de mortiers lourds. Elles ont pour objectif la prise du pont sur la Loire, mais les unités de reconnaissance ont annoncé un noyau de défense en amont sans donner plus de détail. La prudence est de mise. En effet, il serait stupide de comptabiliser des pertes alors que la France est déjà tombée comme un fruit blette !

Côté français, le colonel de l'école de cavalerie a installé une compagnie de ses élèves dans la ferme et ses environs immédiats. Elle représente la clé de la défense du pont sur la Loire. Le colonel sait pouvoir compter sur deux autres compagnies appuyées par quatre chars Hotchkiss d'écolage réarmés pour l'occasion. Ces renforts sont annoncés tout prochainement. Leurs valeurs est réelles bien que la chaîne de commandement ne soit pas à la hauteur du manuel. Mais la fougue compensera l'expérience se dit-il.

L'officier allemand scrute le paysage de ses jumelles. Le périmètre qui s'offre face à lui est constitué de plusieurs bosquets, de champs dont les cultures sont déjà hautes, mais surtout de cette grosse ferme fortifiée aux larges murs d'enceinte et d'une bâtisse en avant de celle-ci. L'unité de reconnaissance qui vient de faire son rapport au petit matin a seulement indiqué quelques échanges de tirs du côté de cette ferme. Quelques irréductibles gaulois se seront sans doute retranchés derrières ses murs pour faire le coup de feu. Reste à savoir combien ils sont et quelles sont leurs intentions ?
Le soleil commence à monter vers son zénith mais les ombres sont encore longues sous chaque arbre, derrière chaque haie. L'officier allemand commande à ses hommes d'avancer prudemment sous les frondaisons et de ne s'exposer qu'au minimum. Un tireur isolé peut se trouver à l'affût.
Par précaution, il fait mettre en batterie ses mortiers légers de 50mm afin d'arroser le moindre couvert en avant de ses hommes. Un peu en arrière, la section de mortiers lourds a commencé ses tirs préparatoires contre la première bâtisse. Mais la précision n'est pas encore au rendez-vous. L'officier note dans un coin de sa tête qu'il faudra à l'avenir mettre l'accent sur l'entraînement des servants de mortier.

La première compagnie progresse doucement quand, soudain, sur le flanc droit du dispositif arrière des allemands surgissent les silhouettes de plusieurs chars Hotchkiss. Cette arrivée inopportune jette le trouble et sème la panique au sein de la troupe. Les Pak 36 attachés aux compagnies n'ont pas du tout été disposés de façon à faire face à cette menace, et les nouveaux venus pourraient bien provoquer de nombreux dégâts.
L'officier allemand donne rapidement ses ordres. Les deux canons anti-char déjà en batterie vont devoir se sortir de se guêpier tout seul car ils sont beaucoup trop exposés pour être secourus ou même appuyés. Par contre, un troisième Pak tracté peut être mis en batterie pour prendre à partie les chars sur leurs arrières. De même, les servants des fusils antichar (ATR) sont regroupés sur le secteur afin de tenter de percer les blindages adverses. Mais la besogne est difficile, les Hotchkiss sont de vrais coffres-fort. Les obus de 37mm ricochent sans parler de l'inefficacité des balles perforantes ! De leur côté, les chars français font peu usage de leur canon. Ils sont concentrés sur leur mobilité et lancent de terribles assauts blindés sur les unités d'appuis. Un premier Pak est mis hors d'usage par écrasement puis c'est le tour de l'un des mortiers de 81mm.
La confusion est totale. Les Pak font feu de tout bois et pivotent constamment. Les servants des ATR font preuve d'audace pour tirer à courte portée sur les engins de mort. Finalement un premier monstre d'acier est touché et incendié, puis un deuxième est immobilisé.

Le commandement allemand est très inquiet et un deuxième rapport fini de transformer cette inquiétude en début de résignation : Deux compagnies d'infanterie françaises sont annoncées derrières les chars. Elles s'apprêtent à charger à travers champs le dispositif allemand. Comment ces renforts n'ont-ils pas été détectés avant ?
Il faut se ressaisir et reprendre l'initiative. Tout en engageant sa deuxième compagnie en appui de la première dans l'assaut imminent de la bâtisse, il détache sur sa droite une section pour appuyer celle déjà en embuscade et qui prend sous son feu l'infanterie française. De même, il fait pointer ses mitrailleuses dans l'axe de progression adverse et fait préparer des tirs d'interdiction.

Côté français, au milieu des blés, les officiers instructeurs exhortent leurs troupes à charger les lignes allemandes. Il faut profiter de la panique bien visible occasionnées par les chars et bouter ces prussiens hors du sol sacré ! Mais alors que la troupe s'élance, un unique avion de chasse allemand passe par deux fois au dessus de leur tête ne manquant pas de lâcher quelques salves de ses mitrailleuses. De plus, derrière une haie, de l'infanterie allemande semble tenir bec et ongle malgré la confusion qui règne sur leurs arrières. Résultat : plusieurs officiers sont touchés et un flottement parcours les jeunes cadets dont c'est la première expérience du feu.
Mais l'élan est donné et une première compagnie sort maintenant des blés et s'élance à découvert vers la position allemande. C'est alors qu'un bruit caractéristique couvre les clameurs de la charge et les balles déchirent les chairs. Des mitrailleuses se sont mises en action et récoltent leurs lourdes moissons de vie. La première compagnie est décimée, la deuxième hésite. Beaucoup d'officiers sont tombés et les blés protègent bien peu des balles...

Mais tournons nous vers la bâtisse en avant du corps de ferme. Méthodiquement, les différentes sections de grenadiers allemands épuisent par des feux croisés les défenseurs retranchés. En plus de la bâtisse, certains des défenseurs ont préparé des postes de combat fortifiés, mais pris sous les feux combinés de l'infanterie et des mortiers et sans appui ni renfort dans leur secteur, les cadets perdent le moral et finissent par lâcher. Sachant le moment venu, les grenadiers bondissent en avant et emportent d'un élan irrésistible la première bâtisse puis, un à un, les retranchements alentours. Cette première mission accomplie, une seconde section est dès lors envoyée pour prendre de flanc l'infanterie française enlisées dans les blés. Le reste des grenadiers allemands tournent maintenant leurs regards vers la Ferme Beaulieu qui domine de ses hauts murs tout le secteur.

A l'arrière, les deux chars Hotchkiss restant ont achevé leur oeuvre de mort. Deux Pak, la section de mortiers lourds et quelques servants d'ATR trop imprudents ont subi leur colère et ont péri sous les chenilles vengeresses. Un dernier Pak tire encore mais sans grand résultat.

Dans les blés, sur la droite, une contre attaque allemande soudaine fini de repousser l'infanterie française aux abois, déboussolée et non commandée. Les jeunes cadets ne peuvent tenir malgré leur courage et leur ferveur. Les armes ont parlé.

Reste la ferme, mais elle est maintenant bien isolée. Le colonel Michon, retranché, se résout à l'inéluctable. La guerre est bel et bien finie. Et elle se solde par une défaite.

Aiglon

Photo : http://www.rue-des-maquettes.com/

Bataille du col de Kasserine

Bonsoir à tous,
Une publication un peu ancienne et au contenu ouvertement iconoclaste vient donner un nouvel éclairage sur la campagne de Tunisie et surtout sur les premières heures de la bataille de Kasserine. Voici donc les meilleures pages de cette étude de l'historien soviétique, Vladimir Andreïevitch Erissov, étude intitulée Rommel en Tunisie, essai de déconstruction d'un mythe stratégique (essentiellement les pages 35 et 36 pour les puristes) :
"Contrairement aux conceptions développées par une historiographie occidentale forcément décadente, une étude poussée et sérieuse des sources soviétiques permet d'affirmer que la bataille de Kasserine a bel et bien commencé dans la matinée du 19 février 1943 et non le 20 !! C'est au soir de cette journée fort brumeuse que la passe de Kasserine est tombée aux mains des troupes du DAK commandées par le général Bülowius. Les troupes américaines, en particulier les Assault Engineers chargés de la défense de la passe, ont fait preuve d'une pleutrerie risible, démontrant s'il en était besoin l'effet délétère du consumérisme capitaliste sur le courage humain !! La plupart de ces combats ont passé toute leur journée piteusement cachés dans des trous ou dans les rares maisons présentes dans la passe, sans entreprendre le seul acte militaire d'envergure. (...)
Le commandement américain chercha très vite à masquer l'ampleur de la défaite en distribuant une foison de médailles complètement injustifiée. Le journal de marche de la 1st Infantry Division fait surtout apparaître deux recommandations pour les combats du 19 février :
- la "Medal of Honor" à titre posthume pour le colonel B. Stark pour sa défense héroïque de la passe, combat au cours duquel il périt en fracassant sa jeep contre les chenilles d' un Panzer Mark IV. Rien à ajouter sur cette preuve flagrante de la crétinerie américaine...
- la "Silver Star" pour le tankiste F. Chesterfield, auquel les Américains attribuent la destruction d'une dizaine de Panzer, alors qu'une étude objective des sources démontre que la plupart de ceux-ci ont tout simplement été bêtement perdus, embourbés sur les pentes du Djebel bordant le Sud de la passe. Cette manoeuvre tournante aussi coûteuse en matériels a d'ailleurs valu à son auteur, le jeune et ambitieux Oberst Gruffsmann, une rapide mutation pour le front de l'Est."

En vous laissant seuls juges de l'impartialité de ce jugement historique.
Éric C., spécialiste en Histoire parallèle : "On vous ment ! Hitler était un agitateur communiste vivant en 1961..."

Excellent !

Je valide entièrement l'analyse particulièrement fine et sans concession de cet éminent historien d'une tout aussi éminente nation qui s'est toujours intéressée à défendre les libertés d'expression et la vérité historique !
Enfin, une lecture qui balaie d'un revers de main, la version officielle nimbée d'obscurantisme dont ont été gavé nos têtes blondes depuis de trop nombreuses années.
Merci à Vladimir pour avoir eu le courage de dévoiler la vérité et merci à Eric C. pour son militantisme sans lequel tout ceci serait resté au plus profond des coffres de la censure.

Dernière précision, de source allemande cette fois-ci, il apparaîtrait que le corps du Colonel B. Stark n'a jamais pu être retrouvé. En effet, il aurait survécu (l'alcool aidant) à son malencontreux accident contre les chenilles d'un char, mais beaucoup moins aux effets annihilant des lances roquettes multiples... Ces derniers mots auraient été : "Chargezzzz !!!!!"

Aiglon